ÉTAPE 2 : SENSIBILISATION

Comment reconnaître l’intimidation?

Les personnes qui se livrent à des actes d’intimidation sont toujours plus fortes ou sont perçues comme étant plus fortes que celles qui les subissent. En général, la personne ciblée apprend à craindre le pouvoir de celle qui l’intimide.

L’intimidation est généralement planifiée et systématique. Elle peut se produire sur une courte période de temps ou s’éterniser dans le temps.

Les éléments suivants doivent être présents pour qu’il s’agisse d’intimidation :
  • Un déséquilibre du pouvoir.
  • L’intention de contrôler, de dominer et de faire du mal.
  • La détresse de la personne qui subit les actes accompagnée souvent de peur.
  • La satisfaction de la personne qui se livre à des actes d’intimidation de constater les répercussions négatives sur la personne qu’elle intimide.
  • La menace - implicite ou explicite - d'autres agressions.

Pour comprendre l’intimidation et réagir de façon appropriée, il est important de reconnaître le déséquilibre du pouvoir et comment il est exercé. Par exemple, avec la répétition des gestes agressifs et l’enracinement progressif du déséquilibre du pouvoir, l’intimidation s’aggrave. Une personne en intimide une autre lorsqu’elle profite d’un déséquilibre du pouvoir. Les éléments mentionnés ci-dessus nous servent de guide pour nous permettre de mieux cerner la dynamique qui caractérise l’intimidation.

Autres caractéristiques de l'intimidation

  • Les personnes qui ont recours à des actes d’intimidation peuvent être seules ou avoir des complices et viser une ou plusieurs personnes.
  • Les personnes qui intimident les autres se sentent souvent justifiées de le faire.
  • À l’école, l'intimidation peut se produire partout et n’importe qui peut avoir recours à l’intimidation, enfants, ados et adultes.

Comment savoir s'il s'agit d'un conflit ou d'intimidation?

Le conflit est une partie naturelle et normale de la vie. L’intimidation ne l’est pas. Nous essayons de gérer et de résoudre les conflits, mais nous essayons de prévenir et d’éliminer l’intimidation.

Malheureusement, nous avons tendance à confondre les conflits quotidiens avec des gestes d’intimidation, même s’il s’agit de comportements très différents. Le conflit fait partie de la vie, alors que l’intimidation n’en fait jamais partie et ne devrait jamais être considérée comme en faisant partie.

Les interventions en cas de conflit et d'intimidation : deux choses totalement différentes.

Par conflit, on entend une mésentente ou une différence d’opinion ou d’intérêts entre deux personnes ou plus qui jouissent du même statut social. Dans un conflit, il y a deux côtés de la médaille. Les personnes concernées peuvent être profondément en désaccord et les émotions peuvent être très vives. Lorsque le conflit est mal géré, il peut dégénérer en une forme d’agression. Que cela nous plaise ou non, le conflit fait partie de la vie. Dans la plupart des cas, nous essayons par tous les moyens de l’éviter… ou de le gérer. C’est pourquoi il existe des programmes et des formations sur la résolution des conflits. Apprendre à résoudre les conflits de façon constructive est une compétence très utile dans la vie tant pour les jeunes que pour les adultes. Pour favoriser les relations saines, un milieu scolaire sain et une société saine, il est primordial de cultiver la capacité des jeunes impliqués dans des conflits de communiquer de façon saine.

L’intimidation est un problème d’un tout autre ordre. Pour réussir à prévenir l’intimidation, il est essentiel de la distinguer du conflit.

Contrairement au conflit, il est primordial de prévenir et d’éliminer l’intimidation.

Dans notre société, nos collectivités et nos écoles, nous nous efforçons toujours de prévenir les situations où une personne pourrait faire du mal à une autre. Dans les situations d’intimidation, il n’y a jamais deux côtés de la médaille. Malheureusement, il arrive que l’on utilise par erreur les stratégies de résolution de conflit pour intervenir dans les cas d’intimidation, ou qu’on les utilise à tort comme stratégies de prévention de l’intimidation. Cette confusion peut entraîner des conséquences dommageables, voire dangereuses, pour les personnes ciblées.

Mettez-vous dans la peau d’une jeune personne qui se fait intimider et qu’on vous demande de faire face à la personne ou aux personnes qui vous intimident.

Peut-on réellement s’attendre à ce que vous parliez ouvertement du mal que vous ressentez, de vos peurs? Est-ce que vous vous sentiriez « en sécurité, forte et libre » dans une telle situation?

Effectivement, nous confondons les problèmes et arrêtons notre choix sur une réponse problématique. Un enfant ne se sentira pas en sécurité si nous lui demandons de faire face à la personne qui l’intimide ou les personnes qui l’intimident. En fait, elle ou il aura probablement peur d’être la cible de représailles plus graves si elle ou il brise le « code du silence ». En minimisant les répercussions réelles et en présumant qu’il y a deux côtés de la médaille à discuter et à résoudre, nous risquons d’aggraver le traumatisme des enfants ciblés. On risque aussi que la personne qui se fait intimider se sente responsable de ce qui lui arrive.

En présence des éléments de base de l’intimidation, il n’est pas recommandé d’avoir recours aux stratégies de résolution de conflits.

Situations qui ne sont pas des situations d'intimidation

En nous fondant sur les éléments de base de l’intimidation comme guide, nous pouvons déduire que les exemples suivants ne sont pas des situations d’intimidation :

  • Autodéfense : Une jeune qui se défend contre une personne qui l’intimide.
  • Vengeance : Un jeune qui cherche à se venger après avoir été intimidé.
  • Conflit menant à une bagarre entre deux jeunes ou plus dont le niveau de pouvoir est égal et qui ont tous contribué à envenimer la situation.
Il est important d’adopter une approche cohérente dans tous les cas d’agression, y compris dans les situations d’intimidation.

Quand nous arrivons à adapter nos interventions aux différents besoins des jeunes et à la dynamique qui existe entre eux, nous en augmentons l’efficacité. Les jeunes les percevront également comme étant justes. Pour y arriver, il est important de tenir compte des éléments qui caractérisent une situation d’intimidation.